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17 juin 2014

Regards croisés sur l’alternance

Le point de vue des chefs d’entreprise et des salariés

Le CESI, en partenariat avec IPSOS et Le Figaro, a souhaité sonder les chefs d’entreprises et les salariés du secteur privé sur leurs attentes et leur perception vis-à-vis de l’alternance.
Quelle image les chefs d’entreprise et les salariés ont-ils de l’alternance ? Qu’est-ce qui pousse les entreprises à y recourir ?
Comment expliquer, bien que tous s’accordent sur l’intérêt de cette formule, que le nombre d’alternants soit en baisse depuis 2 ans ?
Quelles sont les actions à mener en priorité pour augmenter le recours à l’alternance ?
400 chefs d’entreprise et 1 000 salariés du secteur privé ont été interrogés, respectivement par téléphone et internet.

Une image très positive de l’alternance dans les grandes entreprises et dans celles ayant déjà eu recours à l’alternance

De manière générale, 77% des  salariés du secteur privé ont une opinion positive de l’alternance. Cette bonne opinion majoritaire est largement partagée par l’ensemble des catégories de salariés : cadres (78 %) comme professions intermédiaires (83 %), employés (77 %) ou ouvriers (73 %). Les plus jeunes sont encore plus positifs à son égard (91 % des moins de 30 ans ; 81 % des 30-39 ans).
54% des chefs d’entreprise ont une bonne image de l’alternance (dont 14 % « une très bonne image »).
A noter que les chefs d’entreprise qui ont régulièrement recours à des alternants ont une opinion plus largement positive à l’égard de cette formule (74 % de ceux qui y ont recours « souvent » et 68 % de ceux qui y ont recours « parfois »). Il en est de même de ceux dirigeant des structures de taille importante (76 % des chefs d’entreprise de 100 à 249 salariés, 88 % pour celles de 250 à 499 salariés et même 91 % pour les structures de 500 salariés et plus) ont une bonne opinion de l’alternance.

Des motivations altruistes avant tout, de l’avis des chefs d’entreprise comme des salariés

Pour les chefs d’entreprise comme les salariés, les raisons de recourir à des alternants sont donc avant tout altruistes (apprendre un métier à un jeune) ou réalisées dans une perspective très positive, à savoir la pré-embauche d’un jeune salarié. Aussi, pour plus d’un salarié sur deux (53 %), le fait qu’une entreprise ait recours à des salariés en alternance a un impact positif sur l’image qu’ils ont de cette entreprise.

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L’alternance : des parcours qui forment des professionnels et facilitent leur intégration dans l’entreprise

De l’avis d’une très large majorité de salariés, les personnes (en alternance au sein de leur entreprise) étaient à la fin de leur cursus opérationnelles pour travailler en entreprise.

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Au cours de leur contrat avec l’entreprise, seuls 26 % les considéraient comme des stagiaires, une majorité les voyant déjà comme des collègues à part entière (37 %) ou comme des futurs collègues potentiels (37 %).

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Un lien direct entre le niveau de croissance de l’entreprise et l’intention de recourir à l’alternance.

Alors que le nombre d’alternants est en baisse depuis 2 ans, il est peu probable que la tendance s’inverse cette année puisque seuls 12 % des chefs d’entreprise ont l’intention d’avoir davantage recours à des personnes en alternance, contre 31 % qui vont moins y recourir et 53 % « ni plus ni moins ». Le lien entre le recours aux contrats d’apprentissage/contrats de professionnalisation et le niveau de croissance de l’entreprise est réel. Les chefs d’entreprise qui anticipent une croissance de leur activité dans les 6 mois à venir sont plus nombreux à envisager de recourir davantage à des alternants (23 % contre 6 % de ceux qui anticipent une baisse). Les salariés sont eux aussi peu optimistes quant aux perspectives d’augmentation du recours à l’alternance : seuls 30 % pensent que dans les toutes prochaines années leur entreprise va davantage faire appel à des alternants.

Les pistes d’amélioration pour augmenter le recours à l’alternance.

Chefs d’entreprise comme salariés sont unanimes sur les trois principales actions à mener : mettre en place des mesures plus incitatives financièrement (60 % des chefs d’entreprise et 53 % des salariés citent ce moyen), simplifier les formalités administratives permettant d’avoir recours à l’alternance (36 % des chefs d’entreprise et 43 % des salariés) et mieux informer les entreprises sur les dispositifs d’alternance (21 % des chefs d’entreprise et 39 % des salariés).

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Le recours à l’alternance ne se limite plus aux seuls bas niveaux de qualification.

Plus de 40 % des chefs d’entreprise considèrent que l’alternance est une solution adaptée pour recruter des cadres ou de futurs cadres. Ce pourcentage est important lorsque l’on sait que seuls 14,5 % des contrats de professionnalisation signés en 2012 préparaient à des niveaux de formation bac +4 et plus

(Etudes DARES).

Le tutorat, une expérience enrichissante à valoriser.

Les salariés qui ont déjà connu l’expérience du tutorat (pour avoir été eux-mêmes tuteurs d’une personne en alternance ou parce qu’une des personnes avec qui ils travaillent l’a été) s’accordent sur le caractère très positif de ce rôle : 94 % considèrent qu’il s’agit d’une expérience enrichissante, 88 % que ces personnes avaient les compétences pour être embauchées à la fin de leur alternance et 85 % que cela a été bénéfique pour le service dans lequel travaillaient ces personnes.
Malgré tout, être tuteur est chronophage : 81 % des salariés concernés s’accordent à dire que cela prend beaucoup de temps. Il est donc d’autant plus important que cette fonction soit valorisée au sein de l’entreprise. Or, aujourd’hui, les salariés sont partagés sur ce point : si 50 % pensent que le rôle de tuteur est valorisé (dont seulement 8 % « très »), ils sont aussi nombreux à penser le contraire (50 % dont 10 % qui jugent qu’il ne l’est « pas du tout »). C’est sans doute en partie ce qui explique que seuls 34 % accepteraient « certainement » d’être tuteurs d’une personne en alternance au sein de leur entreprise si on le leur demandait.

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